Eclaboussure d'étoiles

Eclaboussure d'étoiles
Je viens à peine de finir d'écrire cette petite histoire qui m'a été inspirée par la musique 'River flows in you' que j'ai décidé de la poster... Je suis encore la tête bourdonnante, comme si c'était c'était difficile de reprendre son souffle après avoir écrit une histoire.

Donc à chaud, j'ai beaucoup aimé écrire cette histoire qui m'est venue en un instant, en écoutant la musique. En espérant que ça vous plaira... Je vous embrasse et bonne lecture !

ECLABOUSSURE D'ETOILES

*Il se concentrait à poser un pied devant l'autre sans dévier de cette trajectoire qu'il s'était imposé. Il était résolu à aller jusqu'au bout de son voyage, peu importe l'effort que cela lui coûtait. Comme s'il avait peur que la mécanique huilée des gestes humains puisse s'enrailler et qu'un simple pas de travers puisse briser la volonté farouche qui lui tenaillait les entrailles. Ses pas précédents avaient déjà laissé de profondes traces dans la neige épaisse et aveuglante. Souillant le blanc immaculé de ce tapis qui supportait ses derniers pas, son retour aux sources.*

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Il se concentrait à poser un pied devant l'autre sans dévier de cette trajectoire qu'il s'était imposé. Il était résolu à aller jusqu'au bout de son voyage, peu importe l'effort que cela lui coûtait. Comme s'il avait peur que la mécanique huilée des gestes humains puisse s'enrailler et qu'un simple pas de travers puisse briser la volonté farouche qui lui tenaillait les entrailles. Ses pas précédents avaient déjà laissé de profondes traces dans la neige épaisse et aveuglante. Souillant le blanc immaculé de ce tapis qui supportait ses derniers pas, son retour aux sources.

Il avançait avec lenteur, le dos courbé et la respiration hachée, chaude de vie contre le froid glacial qui soufflait sur son visage qu'il n'aurait pas reconnu, semblant ignorer les hurlements que lui envoyaient ses muscles souffrant de la longue marche.

Dans sa tête bourdonnait un essaim de pensées trop confuses pour pouvoir être comprises. Il n'était pas sur de vouloir leur donner un sens, de toutes façons. Etait-ce le mental qui dégradait le physique, ou bien le contraire ? Le sang lui battait aux tempes, et l'ardeur, la volonté déployée insufflaient un nouveau souffle à ses poumons éreintés, ses battements de c½ur martelant le mélodie d'un tambour funèbre.

Il ne savait pas pourquoi il avait voulu retourner là. Peut-être car c'était son seul refuge, la muraille infranchissable de ses rêves. Peut-être n'était-elle finalement qu'une porte de placard sous l'escalier...

Comment le malheur et les pertes avaient-ils pu surmonter les lourdes portes de chêne, les puissants sortilèges de protection qui gardaient sa forteresse, sa maison ?

Ici, seul importait le nom qui allait être porté en trophée par les murs de la Grande Salle.
Seul importait de trouver le courage nécessaire à trouver une cavalière pour le Bal de Noël. Seul importait de réussir à finir les rouleaux de parchemin demandés pour le lendemain.
Seul importait de rester poli pour ne pas finir en retenue et rater le match de Quidditch qui unissait l'école.
Seuls importaient les dîners festifs et les examens superficiels à réussir obligatoirement.
Seul importait d'avoir 11 ans, ou bien 14, pour finir par atteindre la 17ième année qui donnait un avenir.

Qui avait déjà ressenti les affres d'un poids inconnu, avait déjà fait face au meurtrier de ses parents, avait déjà bataillé pour sa vie et l'honneur de son peuple à ces âges ? Pas eux.

Pas tous ceux que ne concernait pas la guerre et avaient passé leurs années d'école à pleurer sur leurs problèmes dérisoires et mineurs en étant aveugle à celle, muette, du grand blessé à leurs côtés qui les savait condamnés, mais avait renoncé à dire mot de peur d'être à nouveau rejeté, moqué, montré du doigt. Qui, armé des meilleurs armes qu'ils avait ; l'amitié, l'intelligence et la loyauté ; il avait de toutes ses maigres forces essayé d'éviter le pire et caché la laideur de la vie à ceux qui ne voulaient pas la voir. Lorsqu'on vous force à ouvrir les yeux, vous vous rendez compte d'à quel point le monde autour de vous tourbillonne sans voir où ils vont. L'attitude noble, ou une tendance à vouloir sauver les gens alors que leur cas est sans espoir... On l'appelle d'une différente manière selon chaque personne.

Mais aujourd'hui, alors que les jours heureux étaient derrière eux et que tous tombaient pour une idée qu'ils avaient acquise trop tard, il ne recherchait plus que le mensonge.

Il retournait désespérément à celle jolie illusion qu'avait entretenue le Ministère et contre laquelle il s'était battu un temps. Etait-ce trop tard pour retrouver le goût de la sécurité, l'insouciance salvatrice qui tient lieu de bannière à chaque enfant ? Celle qu'on lui avait dérobée, arrachée pour diverses raisons et de diverses manières.

Et aujourd'hui, alors que le monde sorcier était à feu et à sang, il s'en retournait à l'endroit qui avait chassé le froid de son coeur meurtri et lui avait appris le sens du mot 'affection'. Où était la barrière entre l'attention et la douleur, désormais ?

Il se fichait de qui gagnerait car il avait déjà tout perdu. Les visages se succédaient dans sa tête, et ses genoux s'affaissaient à chaque fois un peu plus. Les yeux chocolat d'Hermione avaient une teinte glacée alors que la terreur avait blanchi les prunelles de Ron, au point d'uniformiser ses yeux. Et sa Ginny... oh, sa Ginny... Les cheveux flamboyants étalés sur le sol boueux tel un oiseau mourrant au soleil.

Il trébucha et un court moment, il crut que ses souffrances allaient prendre fin. Mais il n'était pas encore arrivé, et prit donc sur lui-même pour continuer sa marche, sa longue cape noire effaçant ses pas au fur et à mesure. Balayant de la neige la preuve même de son existence, sa survie à ce jour.

Ses jambes tremblaient alors que des trémolos secouaient sa poitrine. Le sacrifice de son père, de sa mère, de Sirius et de tant d'autres personnes avait été vain. Le mot 'justice' perdait tout son sens dans son âme torturée. Il n'arrivait presque déjà plus à sentir ses doigts engourdis par le désespoir et le chagrin, et son corps était si lourd qu'il avait l'impression de traîner un cadavre. Il en aurait hurlé à la mort.

Finalement, au bout de cette pénible marche, pourquoi était-ce si simple et facile d'entrer dans le Château ? Ou avait-il trouvé la force nécessaire pour traverser le hall d'entrée sans buter contre les objets éparpillés un peu partout ? Un télescope et une baguette brisée en trois. Il aurait aimé pouvoir jeter un coup d'½il aux peintures et gravures, aux vitraux magnifiques et aux centaines d'années d'histoire de ces murs qui avaient abrités ses plus belles années. De ce monde qui lui avait tout donné.

Mais déjà, son cou ne semblait pouvoir se tenir droit et menaçait de se briser à tout moment. D'un geste convulsif, il réussit à resserrer son écharpe déchirée. Ces couleurs qu'il avait tant affectionnées... Qui lui avaient prouvé qu'il pouvait appartenir à quelque chose.

Les tables de la Grande salle ne distinguaient plus les maisons les unes des autres, et il eut une pensée douloureuse. Avaient-on besoin d'une guerre pour comprendre que la différence était une force s'il elle était unifiée ?

Enfin, il arriva à hauteur de la chaise majestueuse d'un homme gigantesque qui lui avait tout appris, derrière son regard malicieux et ses lunettes en demi-lune. Il eut un pincement au c½ur, et toussa bruyamment. Il expira un bon coup, et comprit qu'il était avait réussi. Il l'avait fait. Le moment était venu.

Le bonheur inonda ses veines et lui fit tourner la tête un instant. Il se sentir plus léger qu'il ne l'avait jamais été. Sentir la fin si proche, à portée de main, l'aidait à accomplir les derniers gestes de sa vie. Il caressa le bois du bout des doigts, et sortit de sa poche deux lettres, pliées, en un millier de petits carrés. L'une d'entre elle lui avait annoncé qu'il avait droit à une existence, l'autre était porteuse de ce passé auquel il s'accrochait comme un noyé à son radeau. S'il avait su tout ce qu'il allait vivre... S'il avait su tout ce qu'il allait parcourir et découvrir. La joie entrecoupée de chagrin, une famille impunément offerte puis cruellement reprise par la suite, la gloire puis le dégoût, des liens forts et honnêtes et des liens terrifiants et mensongers. Le plan magique d'un monde en rose et rouge.

Il aurait quand même tenté sa chance, il le savait. Accepté la main géante bienvenue.
Il ne regrettait rien. 17 ans. Ce n'était pas si mal lorsqu'on avait tout fait pour vivre au jour le jour...

Son c½ur rata un battement, et à demi conscient, il s'écroula sur le sol, au bord de l'amour et de la mort...

Sa tête heurta les dalles froides et un liquide épais, chaud et rassurant s'écoula sous son crâne, lui chatouilla le cou et rendit sa salive amère. Il avait l'impression d'être allongé sur un duvet de plumes, enrobé d'une chaleur étrange. Une larme trouva le moyen de se perdre dans ses cheveux ébouriffés noirs de jais et il eut un véritable sourire.

Ses doigts agrippant avec force la dague cruellement plantée dans son torse rouge carmin, Harry s'aperçut un instant qu'il ressentait à nouveau tous ses membres, et se refusa à fermer les yeux pour contempler à jamais les étoiles de ce plafond enchanté auquel il décida de croire.

'Histoire de Poudlard' ou non.

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L'histoire ne raconte pas les évènements qui ont suivi le déclin de la communauté magique, mais on murmure que depuis ce jour, une des étoiles magiques de Poudlard arbore un étrange reflet émeraude et adresse un clin d'½il à tous ceux qui veulent bien prendre la peine de la regarder.

The End.

J'en ai encore le coeur qui bat à tout rompre... quel marathon ! Merci de m'avoir lue, vous ne pouvez pas savoir à quel point ça me touche et me fait plaisir.




# Posté le mercredi 27 août 2008 18:25

Modifié le mercredi 27 août 2008 18:41

Tu commences à peine

Tu commences à peine
J'ai mis longtemps à réécrire des fics... Sans doute parce que Dan me prenait tout mon temps et m'empêchait de me concentrer sur Harry... même si ici, Harry n'est pas le personnage central, je ne peux m'empêcher de faire ressortir toute mon empathie et ma fascination de ce protagoniste.

Donc je vous invite à plonger dans une histoire qui oublie le tome 7 et écrit, à sa manière, la fin de nos héros.

Enjoy !

TU COMMENCES A PEINE

C'est ce soir que tout se joue. Le château Poudlard s'organise dans l'offensive, armant notre armée réduite, notre armée de fortune. Cette école est notre dernier refuge, notre dernière carte. Et alors que le jour se lève paresseusement, je ne peux m'empêcher de marcher une dernière fois dans ces couloirs qui ont été nos plus chers compagnons durant tant d'années. Tellement de railleries, de disputes, de batailles pour en finir ainsi.

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Il est drôle de voir à quel point nous ressentons des émotions extrêmes mais ne pouvons trouver les mots justes pour les exprimer. Les hurlements éclaboussent notre for intérieur, mais ils ne peuvent être entendus. Même si on pose notre oreille tout près du c½ur... les sons sont étouffés, résonnants, impossibles à déchiffrer.

Il y a si longtemps que l'ouïe du monde s'est refermée sur elle-même pour se préoccuper des cas personnels. Que se passe-t-il lorsque la Terre continue de tourner alors que le monde a cessé d'écouter et de regarder ?

Au bout du compte, nous mourrons tous seuls. Cette réalité m'a frappé il y a peu de temps. Mon amie, mon amante a arraché son c½ur pour me le montrer, me supplier de l'aider à le faire rebattre. Je n'ai pu la guérir de son chagrin. Sa famille entière a été assassinée par les chevaliers du Mal. Souillée, maltraitée, pillée. Et elle porte en elle toutes leurs cicatrices. Elles ont fissuré ses entrailles et son c½ur en milliers de petits morceaux... et y toucher brûle, coupe comme du verre. Quelqu'un l'attendra aux portes de la Mort. Mais elle restera seule jusqu'au bout, car voilà le fardeau de tout être vivant. Seule dans sa tête, ses souvenirs, ses regrets. Mais la regarder souffrir en silence m'a donné la plus grande connaissance du monde. J'ai appris à sonder les humains.

Quelques fois, un geste, un éclat dans les yeux, un menton qui tremble peuvent valoir mille mots. Des excuses, une supplication d'être pardonné, une déclaration d'amour contre une déclaration de guerre. Les poings serrés, les yeux qui dérivent. Les mots ne sont qu'une invention des hommes pour pouvoir se comprendre et communiquer. Il y a certains cas où ils ne sont plus utiles, bons à jeter aux oubliettes. Dérisoires.

J'ai appris à regarder et à comprendre le vide des yeux qui annonce la dépression. Le souffle saccadé de celui qui a menti. La veine affolée sur la tempe qui précède la colère. Les épaules lasses de celui qui se sait condamné.
De l'eau a coulé sous les ponts depuis notre toute première aventure, furtifs pas et chuchotements excités sous la capa d'invisibilité, à la recherche des ennuis et de juste assez de danger pour donner le frisson. Le Miroir du Risèd ne me rend plus l'image que j'avais de mon rêve le plus fou. Désormais, dans le reflet maudit, je souris. Un sourire vrai, sincère, extatique.

Ils ne sauront jamais à quel point il est dur d'être à chaque fois si près des projecteurs mais de ne jamais pouvoir être baigné de lumière. Moi, je le sais. Je remarque plus de choses que les gens pourraient le croire, car personne ne me regarde. Je suis la fidélité, l'ombre cachée craintivement derrière la lumière. Celui qui assure les arrières mais ne sera jamais récompensé. Je le sais, et je l'accepte. Car ma place vaut plus qu'un piédestal, plus que celle du vilain de la pièce. Je suis le carburant sans qui le héros ne pourrait faire un pas. Je n'ai jamais eu mon heure de gloire, mais je me contente de ma simple vie. De mes habits défraîchis et d'un balai qui mérite le repos. Car qu'est-ce qu'une possession matérielle lorsqu'on a perdu un parent ? Ma famille m'accompagne dans mon sang, mes amis marchent à mes côtés. Je suis fier de ce qui a déjà pu être accompli grâce à moi.

C'est ce soir que tout se joue. Le château Poudlard s'organise dans l'offensive, armant notre armée réduite, notre armée de fortune. Cette école est notre dernier refuge, notre dernière carte. Et alors que le jour se lève paresseusement, je ne peux m'empêcher de marcher une dernière fois dans ces couloirs qui ont été nos plus chers compagnons durant tant d'années. Tellement de railleries, de disputes, de batailles pour en finir ainsi.
... Le Chevalier du catogan a disparu de son cadre, laissant derrière lui son cheval à l'air un peu bête. Vil couard.
... La statue de la sorcière borgne... la porte ouverte à volonté vers tant d'insouciance... Je me demande si elle répond toujours à l'incantation... mon bras est trop lourd pour que j'en ai le c½ur net.
... Mes pieds trempent dans l'eau des toilettes des filles. Les pleurs dramatiques de Mimi Geignarde résonnent à mes oreilles, et je peux presque voir briller les yeux émeraude des serpents gravés sur les robinets. Certaines choses ne changent jamais...
... Une torche à la main, et me voilà à caresser des doigts le bois de la trappe sur laquelle Touffu reposait. Le bruit d'une flutte m'emplit un instant les oreilles... Hagrid et sa maladresse si touchante.
... J'aimerais retourner dans mon dortoir, pour m'enfoncer sous les couettes et dormir à jamais. Retrouver une dernière fois mon fauteuil de chintz favori, près du feu. Même trois rouleaux de parchemin pour Rogue vaudraient mieux que cet état. Et nous échafauderons des plans sur la comète, nous le Trio légendaire, sur comment dénicher l'emplacement exact de la Tour du Scribe, ou à tergiverser sur des façons de battre Malfoy au Quidditch, ou dénicher quelque chose de croustillant sur le nouveau prof de Défense contre les forces du mal. Le poste maudit...

Tant d'enquêtes et d'excitation... j'ai l'impression d'avoir 100 ans.

... Les fenêtres éclairent le terrain de Quidditch, vide depuis plusieurs mois maintenant. Je sens presque vibrer sous mes doigts mon balai, mais le c½ur n'est pas de la partie.
... Le Saule Cogneur me fait face, dressé dans toute sa splendeur, fier gardien de la Cabane où Harry a trouvé une famille.
... Et le lac, d'où il nous a sorti, Hermione et moi, ses plus chers trésors, pour gagner des points sur l'avancée vers l'abattoir. Le vent n'a cessé de souffler contre lui durant toutes ces années, je m'en rend compte à présent. Comment a t'il fait pour ne pas se retrouver déraciné ?

Mes pieds refusent de bouger, et mes genoux cèdent. J'essaie d'agripper des poignées d'herbe pour calmer l'affolement de ma poitrine, de serrer les lèvres, refus d'accueillir les larmes salées qui dévalent mes joues. Je m'adosse contre un arbre, le visage enfoui dans les bras, aspirant l'air à grandes goulées. Combien de temps avant que mon c½ur, vaillant oiseau battant désespérément des ailes derrière les barreaux de sa cage, ne doive s'arrêter ? Une main réconfortante se pose sur mon épaule, des bras entourent ma taille. Je me laisse aller à me reposer sur Hermione, mon nez niché dans ses épais cheveux emmêlés. Son toucher m'apaise, me berce. Son odeur m'enchante, me revigore, comme une bonne gorgée de Bierraubeurre. Sa voix a plus de pouvoir que le chant du phénix, elle vibre dans mes veines. Plus de sens pour moi.

« Comment en sommes-nous arrivés-là ? »
Je me demande où elle va chercher le courage de poser toutes ces questions que personne ne veut entendre.
« Sept ans à passer dans les cachots avec une vieille chauve-souris graisseuse, comment veux-tu qu'il nous reste l'envie de vivre maintenant ? »
« Ron... Ce n'est pas le moment de plaisanter.» soupire-t-elle.
Son ton se veut réprimande, mais elle n'a plus la flamme qui l'animait autrefois.
« Merci d'être venue. »
« Je peux rester autant de temps que tu auras besoin de moi. »
Quelle belle promesse impossible à tenir me fait-elle là ?
« Et si je te disais 'Pour toujours' ? »

Ses bras se resserrent autour de moi, et je ressens le besoin urgent de la regarder, de dévorer son visage, d'en apprendre par c½ur chaque facette. L'aiguille de ma montre tique désagréablement à mon oreille. Je la prend tout contre moi, respirant l'odeur de son cou, une main passée dans la courbe parfaite de son dos. Si je la perds, je perds tout.

Des légers pas que je reconnaîtrais entre mille nous interrompent, et nous relevons la tête vers notre meilleur ami. Sa petite taille est niée du fait de la perspective avec laquelle nous le voyons, et il semble presque irréel dans l'air froid du matin. Un visage trop juvénile pour des yeux trop sages. Il sourit doucement à Hermione, la fatigue marquée par ses rides aux coins des yeux.
Elle hoche la tête, et doucement, se dégage de mon étreinte. En passant près d'Harry, elle lui saisit brièvement la main, compréhension mutuelle, un dernier regard en arrière, et s'éloigne de nous.

J'ai froid à nouveau.

Harry n'ose pas s'approcher trop près de moi, je le sens. Il n'aime pas ce genre de conversations, et en toute honnêteté, moi non plus. Il sort de sa poche un petit objet blanc qui s'étire et baille dans sa paume ouverte.
« Le premier Roi que j'ai réussi à te prendre. Je l'ai trouvé au fond de ma valise. J'ai pensé que tu aurais aimé l'avoir... comme pour effacer la honte que notre dortoir t'a mise ce jour-là. »

Souriant à demi, je lui prends le Roi de la main, et il en profite pour me relever avec force. Il verrouille ses yeux dans les miens, et je ne peux m'empêcher de frissonner. Où est passé ce petit garçon craintif qui, je l'avais décidé, deviendrait mon frère ? Tant de pertes, de malheur et nous voilà à des milliers d'années lumières l'un de l'autre. Le poids du monde l'écrase, le poids de sa vie l'enfonce de plus en plus dans la terre. Tout est dur... éblouissant et violent. Tout ce qu'il ressent, et tout ce qu'il touche. C'est ça l'Enfer. Rien que de devoir affronter chaque moment. Et celui qui vient après. En sachant ce qu'il avait perdu et s'apprêtait encore à perdre... Combien de temps restait-il avant que le monde ne le brise ? Combien de temps pour l'aider à trouver une raison à sa vie ?

Son menton tremble légèrement, et j'ai du mal à soutenir son regard. Le tourbillon d'émotion qui y réside me donne mal au c½ur.
Il me prend tout contre lui, ses légers tremblements apaisant ma propre détresse. Pourquoi n'avons-nous jamais parlé, avant ? J'aurais aimé connaître son enfance, j'aurais aimé réussir à le faire rire et le soutenir jusqu'au bout.
Il est toujours resté si secret, si renfermé malgré notre proximité. Je sais qu'il a appris à ne pas extérioriser ses sentiments, sous peine d'être frappé en retour par des moqueries cruelles. Il se tient juste debout et avale la douleur, sans un mot. Puis continue à vivre. La tristesse semble si naturelle chez lui... Quel type de monstres refusent d'offrir un cadeau à un enfant ? Il a toujours gardé la porte de son esprit imperméable à nos inquisitions.

J'aurais tellement aimé pouvoir l'aider à sortir de son placard...

« Je compte sur toi. Pour les protéger. » Sa voix est froide, comme celle d'un guerrier.
« Jusqu'à la fin du monde. Et tant pis si c'est pour ce soir. »

Il éructe un petit rire, qui parait faux, non naturel. L'instant d'après, nous nous sommes séparés et son regard m'échappe encore. Il scrute le parc du regard, et je sais qui il cherche. Je n'ai jamais compris comment ma petite s½ur avait finalement réussi à l'attirer dans ses filets. Elle a acquis une dextérité hors du commun avec des frères comme Fred et George, et pourrait facilement les concurrencer. Il a fallu du temps à Harry pour la remarquer... mais je sais qu'elle ne pouvait pas choisir mieux. J'ai juste terriblement peur du deuil et du chagrin qu'elle devra endurer si Harry ne revient pas.

« Elle essaie de rassurer les élèves dans le Grand Hall, et aide Pomfrey à leur administrer des potions calmantes. » lui indique-je. Il sourit légèrement, comme si elle ne pouvait que se trouver là... agenouillée à hauteur des autres, donnant son maximum pour les aider. Il tourne sur lui-même, et j'ai envie un instant de lui enserrer l'épaule de ma main, comme une ultime tentative de réconfort. Mais il me surprend à revenir vers moi et m'enserrer une nouvelle fois, murmurant quelques mots qui me coupent les jambes.

« Merci. Je réalise que c'est bien peu comparé à tout ce que pourrais te dire. Mais le temps joue contre nous, alors... Juste merci. Merci pour m'avoir montré un tout nouveau monde, merci pour être resté près de moi alors que tu aurais pu faire un pas en arrière, merci pour les devoirs bâclés, merci pour les friandises et les escapades. Merci pour tout. »

Il desserre son étreinte, et repart la tête baissée vers le château. Un condamné réussit-il à prendre sur lui-même et trouver les mots justes ?
Je me laisse porter jusqu'à la cabane d'Hagrid, dévalant les collines d'Ecosse comme au tant de notre scolarité. Les aboiements de Crockdur se sont tus, et il n'y a aucun signe de Graup dans la Forêt Interdite tout prêt. Une frêle silhouette retient mon intention, engloutie par l'immensité du bois. Ses longs cheveux blonds ne s'accrochent miraculeusement pas aux orties et feuilles mortes, alors qu'elle avance sans sembler connaître son chemin, son pas presque dansant sous le ciel gris. Ses grands yeux écarquillés se posent sur moi, et il lui faut un certain temps pour s'apercevoir que je la regarde en retour. Elle me fait alors un grand signe de la main, et m'incite à venir vers elle. Je n'ai jamais compris comment Luna arrivait toujours à effleurer la plaie de sa voix chantante et de ses questions justes. Je me suis longtemps méfié d'elle, comme j'avais l'habitude de le faire devant chaque chose qui me dépassait et me faisait peur.
Mais peut-être était-ce la dernière fois où je la verrai... et étrangement, cela me faisait mal. Je me suis habitué à l'avoir à nos côtés, je suppose.

« Bonjour, Ronald. »
Son sourire rêveur m'emporte alors qu'elle me prend la main en guise de salutation.
« Ce n'est pas un bon jour, Luna. » Je ne peux m'en empêcher.
« Chaque jour que tu peux passer debout et en bonne santé est un bon jour. » me répond une voix derrière moi.

Je me retourne brusquement. Neville nous a rejoint. Mon estomac se contracte douloureusement en pensant à ses parents, enfermés dans leur propre tête à Sainte-Mangouste. Il n'en éprouve plus aucune honte, désormais. Juste un immense ressentiment, et je sais qu'il a prévu de rendre à Bellatrix Lestrange la monnaie de sa pièce. Je le vois dans ses yeux, ses poings enfoncés dans ses poches, son air maussade. Au prix de sa vie s'il le faut.

« Ce n'est pas la destination qui importe, mais le voyage qui nous y amène. » déclare avec sérénité Luna, ses yeux perdus entre nous deux.
Neville et moi échangeons un bref regard perplexe, comme au bon vieux temps. Je m'attend presque à la voir sortir des poches de sa robe mal ajustée le Chicaneur, pour nous assurer une absurdité quelconque.

« Grand-mère nous attend, Luna. » dit soudainement Neville. « Elle m'a dit qu'elle voulait s'entretenir avec toi avant... » Il baisse la tête. Luna s'approche de lui et pose sa main sous son menton, le forçant à le relever.

« Toujours la tête haute. Peu importe si les gens ricanent sans prendre la peine de se cacher en te pointant du doigt, peu importe si on trouve amusant de te cacher tes affaires, peu importe si tu perds quelqu'un d'une manière inattendue. La dignité, jusqu'au bout. Tu vaux mille fois plus que ce que les autres te revoient comme image. C'est ce que m'a appris mon père. »

Neville la dévisage d'un air surpris. Depuis quand Luna est-elle si terre à terre ? Je la croyais au-delà de des méchancetés basses et des chuchotements cruels derrière son dos. Je croyais qu'elle avait, d'une certaine manière, réussi à s'envoler hors du monde concret. On ne connaît jamais réellement les gens... Elle fait preuve de beaucoup plus de force que je ne le croyais. Non pas protégée par son monde intérieur, elle fait semblant de s'y réfugier pour se rendre imperméable aux moqueries et imbécillités des autres. J'ai soudainement de la peine pour elle.

Elle prend la main de Neville dans la sienne, et avant de partir, sa main rejoint la mienne, qu'elle sert brièvement. Ses yeux fous se verrouillent un instant dans les miens, et j'ai du mal à soutenir son regard. Les mots qu'elle me chuchote ne parviennent pas à pénétrer le brouillard de mon cerveau.

« Tu crois savoir... ce qui vient vers toi, ce que tu es. Tu commences à peine. »

Et les voilà partis, la main fine et délicate de Luna dans celle rugueuse de Neville, tous les deux un peu maladroits et atypiques. Mais étrangement, les voir ensemble me parait juste.

Mes yeux se tournent vers l'arbre près du lac, à la recherche de cette chevelure broussailleuse qui m'aide à mettre un pied devant l'autre. Hermione a disparu et je ne sais pas où aller. Lorsque les secondes nous filent entre les doigts, on se rend compte à quel point notre insouciance les a gaspillé pour des querelles inutiles, des jalousies vaines, des broutilles. La guerre permet d'ouvrir les yeux au monde tel qu'il est réellement. Cruel, sans c½ur. Artificiel.

Je pénètre à nouveau la porte du château sans m'en rendre compte, passant à côté des rubis de Gryffondor qui s'écoulent dans leur tube tels des gouttes de sang. Plus personne ne souhaite collecter des points pour gagner une stupide compétition entre maisons, désormais.
Serdaigles et Poufsouffles s'entraident dans la préparation au combat, alors que certains Serpentards se joignent à eux. Mon c½ur se serre en voyant tous ces élèves, si jeunes encore (pourquoi m'inclure parmi les anciens ?), prêt à défendre leur école. Harry refusera qu'ils aillent se battre, décrètera qu'ils sont trop jeunes, inexpérimentés. Mais il avait presque 12 ans lorsqu'il a arraché la Pierre Philosophale à un homme machiavélique et s'est dressé face au meurtrier de ses parents. Leur vie leur appartient.

Mes pas me conduisent instinctivement vers le mur ami qui a abrité nos divagations adolescentes, notre rébellion armée contre Ombrage. Ce groupe qui se serrait les coudes contre la tyrannie et l'infamie. Une façon comme une autre de survivre au sadisme.

J'ignore ce que je peux espérer en un jour comme celui-ci. La Salle est avide de besoins et généreuse de solutions. Mais il n'y a plus rien en moi qui puisse espérer une victoire, une revanche. Je fixe le mur sans vraiment le voir, perdu dans mes pensées, et met un certain moment à m'apercevoir qu'il fond devant moi – quelle est cette magie que je ne connais pas ? – et expose indécemment son contenu à mes yeux écarquillés.

La pièce écarlate transpire la chaleur et sa seule vue chasse les tremblements de mes membres. Elle ne comporte qu'un unique lit, aux drapes chatoyantes et à l'aspect irréel. Ma s½ur et mon meilleur ami occupent le lit, drapés dans la couverture moelleuse.
Le temps ne semble plus avoir de sens pour eux. Peut-être pensent-ils appartenir à l'éternité. Ils s'embrassent comme si leurs vies en dépendaient, comme s'ils préféraient mourir, se consumer dans le feu de leur passion plutôt que de quitter cet endroit, ce moment de félicité où tout leur est permis. Ils se séparent et se regardent, cheveux ébène surplombant chevelure flamboyante. Ils restent longtemps immobiles, mains glissant sur leurs épaules dénudées, dans leurs dos moites, le long de leurs cuisses nues... se délectant de la peau de l'autre. Le toucher, le plus précieux des sens.
Et longtemps, ils font l'amour, les corps fiévreux et enivrés pressés l'un contre l'autre, ondulant comme des vagues, prisonniers d'une cage de membres et de doigts entrelacés, de mots et de cris ardents.

Donnez-lui cette chance... et il vous donnera sa vie.

Des pleurs attirent mon attention et m'arrachent à la contemplation d'une scène qui je suis sur me hantera longtemps.
Au loin, je distingue la silhouette courbée du professeur McGonagall serrant contre elle un jeune élève déchiré, sanglotant à en perdre âme et conscience. Il s'agrippe aux robes de la vieille sorcière, qui tente de le calmer au moyen de cercles apaisants sur son dos. Mais elle semble elle aussi prête à se briser en deux.

Le rouge me monte aux joues alors que je m'efforce de détourner les yeux, honteux d'épier un tel moment d'intimité. Intimité bafouée lorsque le destin de tout un peuple se joue au même moment, durant la même bataille. Nous nous devons de défendre nos droits, de nous raccrocher à la parcelle de démocratie intérieure aux murs de l'école qu'il nous reste.

La grande horloge qui surplombe le parc me rappelle à l'ordre, et je sursaute.
Mon estomac proteste bruyamment, mais je ne ressens aucune faim. Sa plainte est différente, plus profonde. Elle creuse comme si elle voulait se cacher pour échapper au carnage. Elle est si violente qu'elle en obstrue la gorge. Au bout d'un moment, je comprends au froid qui m'entoure qu'il s'agit de la peur. Je suis terrorisé par l'issue de ce combat qui approche à grands pas. Et il n'y a rien que je ne puisse faire contre ça.

Je regarde d'un ½il distant les hordes d'élèves qui sortent de la Grande salle, entourés par les professeurs. Baguettes au poing. Dents serrées en s'en blesser la mâchoire. Toute couleur disparue de leurs visages crayeux, malades d'anticipation.

Je suis l'armée en marche, alors que les Préfets essayent de rassembler les plus jeunes dans un endroit sûr. Un jeune Gryffondor refuse de se laisser emmener en sécurité, et proteste de vive voix, assurant qu'il veut aller se battre pour prouver à Face de serpent ce qu'il en fait de s'attaquer à sa famille. Les Septième année ont du mal à le canaliser, et je ne sais pas quoi faire.

« La réponse est non. »

Je me retourne vivement au son de la voix dure de mon meilleur ami. Debout dans l'encadrement de la porte de la Salle sur Demande, main dans la main avec ma petite s½ur, il fixe le jeune Gryffondor dont j'ignore le nom. Accueilli par lui par de grands cris de bravoure, Harry s'approche du jeune garçon et s'agenouille devant lui, joignant leurs mains. L'échange ne dure pas plus de deux minutes, mais pourtant j'ai l'impression qu'ils se sont échangés toutes les paroles du monde. Harry parle très doucement, et bien que tous les regards soient braqués sur lui, on n'en entend un mot. Finalement, le jeune garçon baisse la tête en signe d'obéissance et Harry lui dépose un baiser sur le front avant de s'éloigner de lui.

Il embrasse la foule du regard, un regard que je ne lui ai jamais vu. J'ai l'impression fugace de découvrir dans ses yeux le Harry qui voyait le monde à travers les fins rayons de lumières d'un placard. Effrayé car ne sachant à quoi s'attendre. Ginny vient se coller à lui, et ils partent devant la marche des combattants rassemblés silencieusement. L'étrange troupe, composée d'élèves de tous âges et de différentes tailles, des professeurs nains et centaures, des chapeaux pointus et couleurs diverses ne fait plus qu'une.

Hermione s'en dégage et me rejoint, m'agrippant aussi fort qu'elle le peut, et comme si c'était la dernière fois, je m'efforce de démêler les cheveux qui tombent sur son visage. Sans succès. Elle en rit comme elle a l'habitude de le faire.

Une fois dehors, le vent glacial nous fouette mais d'une manière assez étrange, nous ne atteint pas. Nous sommes déjà glacés de l'intérieur, et rien ne peut combattre le froid qui empreigne les entrailles.

Nous nous approchons de notre compagnon d'infortune.

Lui et Ginny se tiennent à l'écart, main dans la main. Ils semblent si bouleversés que leur visage ne reflète qu'une affection douloureuse, et les veines saillent, tendues. Je ne devrais pas écouter, mais je ne peux m'en empêcher – quelle fascination morbide est ici mise à l'½uvre ? Les mots sont plus chuchotés que dits, mais ils résonnent comme un hurlement en moi. Je vois du coin de l'½il les yeux d'Hermione se gonfler de larmes. Ne pleure pas, pas maintenant... Laisse-moi encore tenir debout.

« Je ne peux pas te faire partager ce fardeau. » assure Harry d'une voix décidée.
Mais ma petite s½ur, forte de sa chevelure et son regard flamboyant, en a décidé autrement. Elle lui agrippe la nuque et lui dépose un baiser sur la joue.
« S'il y a un endroit où je dois être, c'est ici. A tes côtés. Jusqu'au bout. Que tu meures ou que tu survives... je veux tenir ta main et mourir ou vivre avec toi. »

Les mots me dérangent profondément, mais d'une bien étrange manière, ils sonnent juste. Harry baisse la tête, ses yeux verts scintillant un instant.

« Je ne suis pas prêt à te voir loin de moi. »

Ginny le sert un bref instant contre elle, et elle nous lance un regard furtif avant de s'éloigner de lui, pour nous laisser le chemin libre. J'ai toujours apprécié ça chez elle – elle sait quand se retirer et quand être là.

Je sens Hermione trembler et retenir des sanglots à côté de moi alors que pour ce qui semble être la dernière fois, nous faisons face à celui qui a retourné notre monde. Celui qui y a ajouté du piment mais nous a appris la peine de la perte, le sens du devoir. Il ne semble pas savoir quoi dire. Aucun d'entre nous deux n'a jamais été très fort avec les mots...

Alors les gestes les remplacent et Hermione entoure sa tête de ses mains, pose son front contre le sien. Ils m'englobent tous les deux pour que je me joigne à deux, dans cette étreinte légèrement tordue aux c½urs battant à l'unisson. Je sens les effluves de tout ce que nous avons vécu revenir écraser ma poitrine pour enfoncer le couteau dans la plaie. Hermione a abandonné la bataille contre ses larmes et Harry retrouve ce maintien courbé et discret avec lequel on l'a connu. Semblant vouloir se cacher entre nous deux, s'y loger et s'y endormir à jamais. Nos regards ne se quittent pas, et Hermione murmure sans cesse des paroles réconfortantes, comme une litanie dont elle veut se convaincre.

Si j'avais pu remontrer le temps et réécrire notre histoire, j'aurais effacé les rides prématurées du front d'Hermione, le voile qui a teint les yeux brillants d'Harry. J'aurais effacé ce poids sur mon c½ur et cette amertume dans nos gorges. Trop tôt, beaucoup trop tôt. Nous n'avons que 17 ans... Merlin.

C'est alors qu'Harry semble retrouver sa voix et il expire doucement quelques mots.
« Pour Sirius. »
Nous acquiesçons et nous sommes trois à ajouter « Pour Dumbledore. Jusqu'au bout. » Harry sourit à ce souvenir qui semble avoir eu lieu dans un monde meilleur.
Les paroles d'un homme mort se modifient dans les entrailles des vivants. Insolites affections, langues affligées. Mais nous nous y accrochons comme si c'était notre mantra.

Nous finissons par nous dégager les uns des autres, même si j'aurais aimé rester ainsi une éternité. Harry ouvre la bouche, et il prononce nos noms, qui sonnent comme une plainte entre ses lèvres.

« Tais-toi », lui demande Hermione. « Tout ce que tu vas dire va sembler être un adieu. »

Elle lui appose un baiser sur le front... sur cette cicatrice maudite qui pulse de malfaisance. Il réprime un sanglot. Je lui appose une tape maladroite dans le dos et glisse ma main dans celle d'Hermione, affirmant d'une voix que je veux ferme : « A tout à l'heure. »

Il semble se redresser quelque peu et rejoint ma s½ur qui l'attend au devant des combattants. Je n'ose le regarder marcher vers cet inconnu qui me terrifie. De quel côté va pencher la balance ? J'échange un léger baiser au goût salé avec Hermione, et nous tournons un regard résolu vers l'armée de monstres qui avancent vers nous. Glissent sur le sol, leurs capes sombres volant autour d'eux comme s'ils n'étaient qu'un.

Harry dégaine sa baguette en même temps que Ginny. Les élèves et professeurs derrière nous en font autant. Je croise une dernière fois le regard du professeur McGonagall, et la poignée d'Hermione augmente le feu dans ma poitrine.

Marcher tout droit, et vaincre – comme un pied de nez à ceux qui veulent nous enlever tout ce que nous avons.

Crevez-nous le c½ur, nous sommes prêts.

The End.

Merci de m'avoir lue...

J'espère que vous avez autant aimé cette petite fiction que j'ai pris du plaisir à l'écrire... Un petit commentaire, ou une critique à faire ?

Il y a un bouton 'commentaire' qui meurt d'envie d'être pressé...

Je vous embrasse... Long live Harry Potter!

# Posté le mardi 05 août 2008 08:35

Les Guerriers déchus

Les Guerriers déchus
Mon petit bébé, ma petite dernière... Assez noire, je dois dire! ;)
Merci beaucoup beaucoup à vous de venir me donner votre avis... Gros bisouus!

LES GUERRIERS DECHUS
One-Shot

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Nous avons perdu. La bataille de Poudlard est arrivée à sa fin, et acculés au pied du mur, nous avons été forcé d'abdiquer. Trop de victimes, trop de malheur tout autour de nous... comment pouvions-nous continuer un tel massacre ? Nous ne sommes qu'une bande de gamins qui n'avaient pour la plupart jamais vu la lueur d'un Avada Kedavra avant, contre des sorciers expérimentés et féroces. Il n'y a plus aucun espoir, maintenant.
Les jambes lourdes et le c½ur en, bas de l'estomac, nous comptons nos guerriers déchus, des bougies éclairant leurs visages immobiles pour qu'on puisse les reconnaître. Des guerriers ? Ridicule. Juste des enfants. Certains tout juste des adultes. D'autres laissent derrière eux une famille dévastée.
La nuit est tombée, un voile noir a recouvert leurs paupières. Ils étaient venus combattre au nom de leur école, de l'intégrité... du Survivant. De leur race. Ils sont morts pour la défaite.
Le mot résonne en moi comme un tambour au son d'enterrement.
Ce soir, l'égalité du sang se retrouve dans celui versé par les élèves et professeurs. Ni pur, ni sali. Un peu plus loin, un Serpentard est allongé à côté d'un Poufsouffle. Plus près et plus intimes qu'ils n'auraient osé l'être de leur vivant.
Je regarde ma montre. La petite aiguille s'est bloquée il y a bien longtemps, mais je sens en moi que l'heure qui nous a été accordée pour pleurer nos morts ne va pas tarder à être écoulée.
Une minuscule heure pour dire au revoir à nos disparus, pour ensuite s'agenouiller devant Voldemort et son armée victorieuse. Comme il se doit.
Je pose avec précaution le minuscule corps de Colin Creevey sur le sol, près de son frère Dennis. Comme ils auraient voulu être. Merlin. 16 ans.

J'ignore depuis combien de temps je tremble. J'ignore pourquoi je me sens bouger au ralenti, pourquoi je dois faire un effort pour marcher. Est-ce depuis que j'ai vu la chevelure rouge feu de mon amie Ginny, étalée comme un oiseau abandonné sur le sol, rugueuse du liquide qui tachait le sol sous sa tête ? Ou lorsque j'ai aidé une Minerva McGonagall aux cheveux défaits et pendants à regagner notre cimetière d'infortune, détruite, chancelante, à la recherche de ses élèves aimés ?

Des doigts s'enroulent autour des miens, engourdis, insensibles. Je frissonne. Un corps plus fort, plus puissant que le mien m'attire tout contre lui, me sert serrée contre son c½ur, mon visage enfoui dans son torse. Il pleure à moitié. Je me sens brûlée par la chaleur de ce corps vivant contre le mien, déjà plus qu'une coquille, une enveloppe vide. Je ressens une vive douleur, aigue, brutale, au niveau de mon c½ur alors qu'il repart furieusement dans ma poitrine. Le brouillard qui a pris siège dans mon cerveau s'évapore légèrement alors que je m'accroche désespérément à ce corps bienvenu, cette personne qui a encore de l'amour et de l'espoir à me communiquer. Ses yeux me trouvent, ses lèvres, son âme toute entière.

Ron. Il est là. Tout contre moi, vivant. Vivant ! Ce mot banni.

Je trace de mes doigts la coupure qui lui barre la joue, grimaçant à sa place.

« Je veux rentrer à la maison... »
« Je sais. Tout va bien aller, je suis là. Je suis avec toi, ça va aller. »


Sa main est étonnamment grande et rugueuse contre la mienne, petite et douce. Je me sens déséquilibrée. Mon autre main reste désespérément glacée. J'ai besoin de la pression d'une autre main masculine, cette main à l'agilité stupéfiante, cette main marquée par le sadisme conservateur d'une dictatrice. Cette main qui a rendu tant de fois l'équipe de Gryffondor victorieuse...

« Où est Harry ? Est-ce que tu l'as vu ? Pourquoi n'est-il pas là ? »
Son regard s'assombrit et son menton tremble en guise de réponse. NON !
Il me guide silencieusement vers le coin le plus reculé de la pièce, vide de monde. Un seul corps y repose, jeté négligemment sur la pierre meurtrissante. J'arrive à peine à le reconnaître, et pourtant, je pourrais le dessiner les yeux fermés. Sa peau pâle contraste presque trop brutalement avec ses cheveux emmêlés, noir de jais. Sa cicatrice maudite purulente ressort d'un rouge colérique, comme si elle prenait plaisir à nous narguer.
Sa respiration est erratique, l'air ayant du mal à se faufiler entre ses dents serrées, son regard presque hagard, son souffle court. Il est toujours là, présent dans ce monde qui ne se préoccupe pas de lui. Il ne peut plus parler, il ne peut plus bouger. Il est condamné, sans aucun doute. Ses perles étincellent aux coins de ses yeux, sans jamais tomber. La dignité, jusqu'au bout. Comme dans un cauchemar, je m'agenouille tout près de lui, lui prend la main et caresse du bout des doigts ses lèvres bleuies, avant de lui chuchoter à l'oreille : « Nous sommes là, Harry, n'ais pas peur... Nous resterons avec toi jusqu'à la fin. »

Ron s'agenouille à son tour à ses côtés, lui prend l'autre main, et nous nous rejoignons au centre de son torse taché de sang. Ses lèvres tressautent en ce qui veut être un sourire, mais s'apparente plus à une grimace. Mais l'effort est là. Ron enfouit sa tête dans son cou, essayant de l'apaiser par des mots doux. Ses yeux sont grands ouverts, suppliants, effrayés. Que lui ont-ils fait ? Mes yeux descendent le long de la balafre qui lui couvre le torse. Je reconnais avec horreur la couleur noire du sang empoisonné. Non ! Nous ne pouvons plus rien faire. Je repousse les mèches qui lui collent sur le front, déposant un baiser à côté de sa cicatrice pulsante. Il nous regarde à tour de rôle, et j'ai du mal à supporter l'appel à l'aide qui émane de ses yeux. Comment soulager sa douleur ?

Je passe une main derrière sa tête pour essayer de le rendre plus confortable, et Ron et moi le serrons tout contre nous, dans une étreinte berçante. Nous restons ainsi un long moment, et son corps se détend légèrement entre nos bras. Ron me dépose un baiser sur la joue alors qu'il continue de murmurer des mots réconfortants, presque plus pour lui que pour Harry. Quand avons-nous commencé à pleurer ? Harry a enfin craqué, et si son visage n'exprime rien, ses larmes brûlantes roulent sur nos joues respectives, s'entremêlent. Notre chagrin partagé.
Le regret de ce chemin qui s'arrête abruptement, de ne pas avoir dit ou fait certaines choses, de ne pas avoir partagé autant qu'on ne l'aurait voulu. Je ne sais plus à qui est le c½ur qui bat en rythme avec le mien, quel est ce souffle qui se calque sur le mien. Nous ne faisons plus qu'un. Le roux mêlé au brun. Le vert plongé dans le noisette Une toute dernière fois.

La panique envahit mes veines alors que je sens plus que je vois la silhouette tant haïe apparaître aux portes de la salle, mettant fin aux pleures et aux cris qui nous paraissaient étouffés, enfermés dans notre cocon.
Ses yeux-rubis parcourent le carnage devant lui avec satisfaction, avant de se poser sur notre étreinte. Un sourire sans joie étire ses lèvres alors qu'il avance vers nous, lent, majestueux. Il flotte plus qu'il ne marche. Ses longs doigts squelettiques tiennent délicatement sa baguette, comme s'il elle était la partie manquante à sa main. Il la pointe négligemment sur Harry, simple nuisance, un vulgaire moucheron sur sa route. Non, ne me l'enlevez pas lui aussi... laissez-le mourir en paix !

Ron se dégage doucement de notre étreinte, et avant que je n'ai pu l'arrêter, une dernière pression rassurante sur nos mains, et il se lève pour faire face au cauchemar du monde sorcier.
Je peux voir les cheveux dressés sur sa nuque, mais la main qui tient sa baguette ne tremble pas. Il est enfin sorti de l'ombre, sa compagne depuis si longtemps. Il est debout, défiant, en première ligne, prêt à tout pour défendre son meilleur ami, le Héros, allongé sur le sol au bord de la mort. Les yeux de Ron lancent des éclairs et ses dents serrées par la colère étouffent presque ses mots.

« Si vous voulez tuer Harry, il faudra me tuer aussi. »
Oh Merlin. La cabane hurlante. Sirius. Un sanglot secoue le corps maltraité d'Harry, sous moi.

Reste-il un brin d'humanité en Voldemort ? Il regarde Ron, la tête penchée sur le côté, et je crois déceler de la pitié dans son regard. Il dérive sur Harry et moi, toujours enlacés étroitement. Je sens son corps se tendre sous le mien, efforts vains pour me repousser, mais je tiens bon. Si je dois mourir en le protégeant de mon corps, alors il en sera ainsi. Un sourire machiavélique dévoile la langue fourchue du monstre qui se tient devant nous, et sans quitter Harry des yeux, sa dernière torture, d'un geste négligé du poignet, d'un souffle entre ses lèvres, il lance le sort fatal... Harry ferme ses yeux avec force alors que Ron s'écroule à nos pieds, les doigts toujours blancs, serrés sur sa baguette. Une marionnette à qui l'on aurait coupé les fils, désarticulée, brisée.

L'absence de cris me perce le c½ur alors que je cherche des yeux une chevelure de feu qui me prouverait que les Weasley sont toujours debouts, vaillants. Mais le silence répond à mon attente désespérée. J'enfouis ma tête dans le cou d'Harry, mes cheveux cachant son visage aux yeux des autres, m'accrochant désespérément à lui. Il est le seul qui me reste.

Le rire extatique de Voldemort me glace le sang alors qu'il éclate dans la salle, comme une menace, une malédiction. Sa voix s'élève, douce mais mauvaise. C'est à moi qu'il parle.

« Ecarte-toi, espèce d'idiote, allez, écarte-toi... Sale sang de bourbe, veux-tu vraiment mourir pour lui ? »

Ne pas bouger. Se ressasser pourquoi je suis là, pourquoi je protège Harry de ma vie. Harry qui signifie tout pour moi.

« C'est mon dernier avertissement... Ecartes-toi si tu ne veux pas finir comme le vulgaire cancrelat qu'était sa mère ! »

Je sens la rage monter en moi, comme un raz de marée qui dévaste tout, raison comme pensées.
J'échange un dernier regard avec Harry, vert tourmenté contre brun colérique, et sans me rendre compte de la stupidité de mon geste, sans réfléchir à ce que je fais, je me jette sur Voldemort, qui tombe à la renverse sous le poids de mon corps. Nous tombons ensemble, dans une mêlée de robes, et alors que quelques cris d'encouragement s'élèvent dans la salle, je sais que je suis perdue.
Des centaines de baguettes se pointent sur moi en un instant, dirigées par ces hommes et femmes autrefois masqués assoiffés de pouvoir. Bellatrix est rouge de colère, et Fenrir Greyback se lèche les babines en me regardant d'un air gourmand. Voldemort me repousse violemment sur le sol, et s'essuie les mains sur sa robe, une moue dégoûtée peinte sur son visage sans nez. On me tire les cheveux en arrière, me relève de force. J'essaie de tourner la tête pour regarder Harry une dernière fois avant qu'ils ne me tordent les poignets pour les enserrer avec une corde magique.
Il essaie de relever la tête et de tendre sa main vers moi, ses lèvres refusant de bouger comme il leur ordonne de faire. Il n'y arrivera pas. Voldemort me regarde avec une jouissance écoeurante sur le visage, et repousse quelque peu Greyback, qui s'était approché d'un peu plus près.

« Laisse-la ! J'ai d'autres projets pour elle. Tu peux te servir du garçon... » Et d'un geste du pied, il écrase la tête de Ron. Je peux presque entendre son crâne craquer par endroits. Salaud !
Ses yeux figés me regardent. Je ne plus supporter cette vue bien longtemps, je crois que je vais vomir.

Il ne se passe pas longtemps avant que les Mangemorts emmènent Harry avec eux, le traînant comme une poupée abandonnée, sa tête ne voulant plus se tenir droite, ballottant contre les obstacles qui jonchent le sol, ses gémissements se répercutant dans toute la salle silencieuse alors que tous suivent des yeux le Héros défait.

Voldemort remarque mon regard blessé, et fait une moue qui me tord les entrailles.

« Ne t'en fais pas, petite fille... je ne vais pas le tuer. J'ai des affaires bien plus intéressantes à traiter avec lui... » Et tout ce que je peux entendre est son rire métallique, glacial, qui se répercute dans mes veines et vrille mes oreilles.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Je peux à peine marcher mais je ne dois surtout pas faillir. Je suis presque arrivée à la porte de sa cellule, et mon c½ur bat frénétiquement contre ma poitrine à l'idée de le revoir enfin. C'est une des choses qu'ils ne m'ont pas encore arrachée, une des dernières choses qu'il me reste.

Ma main tremble d'anticipation alors que j'introduis la clé volée dans la serrure de sa prison, et je dois m'y reprendre à plusieurs fois. Je resserre avec manie les pans de ma robe déchirée sur mon torse.
Il fait plus froid ici que dans ma cellule. Où alors est-ce la peur qui me pétrifie ?

La porte s'ouvre dans un grincement, et je prie pour que personne ne m'entende. Mes mains tremblent, et je fais un effort pour les calmer, même si je sais qu'il ne peut pas me voir. Je dois être forte jusqu'au bout. J'ai peaufiné mon plan des jours durant, et enfin, le trou de la grille de la liberté a été assez grand pour que l'on puisse s'y faufiler tous les deux. Je vais l'emmener loin de tous ceux qui ont ri de le voir tomber, lui mon précieux bagage, seuls au bout de la nuit, au bout du monde. Je le soignerai et nous vivrons dans la chaleur de l'autre, accomplis.

Lorsque je vois enfin, il est endormi, allongé dans un angle non naturel sur le sol. Immobile. Son torse ne se soulève plus au rythme de sa respiration erratique, les spasmes ont cessé, et il ne saigne plus. Il a l'air si serein... comme s'il savait que j'allais venir le chercher ce soir. Que je lui offrirai enfin tout ce qu'il mérite. Je défais les chaînes qui enserrent cruellement ses poignets et chevilles, et son corps tombe dans mes bras maigres, immobile, vide. Je le secoue légèrement pour le réveiller, mais il ne réagit pas.
Je murmure son nom, fascinée par la douceur de son visage, la couleur violette de ses lèvres, les marques de son cou, les coupures qui meurtrissent son corps nu. Il ne me répond pas. Il ne veut pas ouvrir les yeux. Laisse-moi voir tes yeux, Harry... Il doit dormir plus profondément que je ne le pensais, mais je comprends. Même les héros ont besoin de dormir... Il a besoin de se reposer.

Je m'assoie sur le sol, berçant son corps plume dans mes bras, de peur de le briser un peu plus. Il est si froid... Aussi glacé que mes poumons. Mais c'est fini tout ça, c'est fini. Je le tiendrai serré contre moi, je lui rendrai la santé. Tout ira bien, Harry. Tout ira bien. Lorsqu'il se réveillera, je lui montrerai tout ce qu'on ne lui a jamais montré. Je sais qu'il me sera reconnaissant. J'ai des projets d'avenir plein la tête, et il en est la pièce principale.

Je caresse doucement ses cheveux mouillés de sueur, englués de sang, enlaçant de mes bras ses épaules disloquées, attendant de voir ses paupières papillonner. De le retrouver enfin. Et puis nous irons rejoindre Ron. Je sais qu'à deux, nous arriverons à le retrouver. Je ne peux m'empêcher d'examiner son visage un instant. Il est si beau lorsqu'il est endormi... Comme un petit enfant qui aurait oublié de grandir.

Je l'attends. Mon Harry.
Oh, comme nous allons être heureux ... !


The End.

Trop glauque? ;)

# Posté le lundi 05 novembre 2007 12:40

Equus

Equus
Merci les filles, encore une fois... Mes deux petites lectrices fidèles jusqu'au bout... Dès que je vois que vous êtes venues, je saute sur les commentaires pour voir ce que vous pensez de tout ça...
Merci les filles, beaucoup, beaucoup! :D

Aujourd'hui, je vais vous poster deux comptes-rendus que je pense vous avez déjà lus... (désolée, pour l'instant c'est tout ce que j'ai sous la main!)

Je commence avec mon amour naissant pour le théâtre grâce à une pièce de théâtre du nom d'Equus... Vous en avez déjà entendu parler? Non ? Vraiment ? :D

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26 février 2007
Gielgud Theatre, Shaftesbury Avenue
London, England

Equus. So. Equus.

Bloody fantastic. Fucking Brilliant. Terrific. Compelling. Unmissable.


Je serais incapable de faire une critique point par point, mais dans l'ensemble, je tire mon chapeau à tous ceux qui ont travaillé sur cette pièce : acteurs (Dan, Richard, Joanna, Jenny, Will, Jonathan, Gabrielle, Karen...), la fabuleuse metteuse en scène Thea Sharrock, si jeune mais déjà talentueuse, David Pugh, vraiment tous...

Cette pièce très noire et extrèmement complexe qui parle [comme dirait Dan] de la 'pain that comes with the extremes of passion, and the passion that must be given up to become an acceptable member of the society', créé un effet dérangeant et bouleversant chez le spectateur, qui se retrouve scotché à son siège durant les moments les plus cruciaux.

Au tout début, lorsque Dan entre sur la scène, regarde terrible, perçant, menaçant, vers Richard, j'ai retenu mon souffle. Laura et moi avions entrelacé nos doigts, nous soutenant l'une l'autre. Vient sa première réplique, non pas dite, mais chantée. 'Milky Bar is tough and strong...' Sa voix s'élève, puissante, contrôlée, colérique, défiante. Et juste là, je me suis dit 'Wow. C'est bon, il va assurer.'

Il m'a séchée. Sa diction, sa voix [elle a changée...], sa façon de bouger [presque comme s'il dansait, parfois on aurait dit qu'il flottait], son agilité, sa fluidité, ses yeux de tueur... tout était parfait.

J'étais si fière ! Je crois que je n'ai jamais été aussi fière de toute ma vie.

Rien, absolument RIEN de ce que vous avez pu voir dans Harry Potter ne pourrait vous préparer à ça.

Dans chaque scène, il avait une présence extraordinaire, il savait alterner la colère, le plaisir, la peur, la moquerie 'at the drop of a hat'. J'aime tout particulièrement ses premières scènes, où il chante, puis la façon dont il dit 'Fuck off !!!' à l'infirmière... Comme s'il avait été chercher sa voix au plus profond de sa gorge.

Lors de la scène où il interroge Dysart sur les Rois, et qu'il dit 'You don't know anything, do you ?', il lui lance un regard mi-sarcastique mi-triomphant, avec un air supérieur... Voir ces expressions sur le visage de Dan était priceless. Brillament joué.

Pour la scène où il raconte la première fois où il est monté sur un cheval, j'ai adoré l'expression enfantine qu'il avait prise, la voix innocente, douce, calme, le rire cristallin et pur lorsque le cheval coure sur la scène avec Dan sur son dos. Ce visage décontracté, yeux grands ouverts, près à éclater de rire, si différent du visage dur et fermé habituel d'Alan Strang.

Une des scènes qui m'a fait le plus d'effet est celle du cauchemar. D'une puissance extrême.
Alors que la terrifiante musique s'élève et fait éclat dans toute la salle, voir Dan se tordre sur la boite, criant 'Ek ! Ek ! Ek !' d'une voix presque mystique, résonnante, se débattre férocement comme s'il était retenu par des chaînes sur le lit, est d'une intensité indescriptible.
J'en ai eu le souffle coupé.

Ah... The 'Ha-Ha Scene'. La scène de l'orgasme. Je ne pouvais pas détacher mes yeux de lui. A partir du moment où il dit 'Equus... Son of Fleckwus – Son of Neckwus... walk.', où il monte sur les épaules de Will Kemp et s'agrippe à lui...
[TURN !
Trample them, Trample them, Trample them, Trample them,
TURN ! TURN !! TURN !!!
I'm stiff ! Stiff in the wind !
My mane, my flancks, my hooves !
Raw! Raw ! I'm raw!
Feel me on you ! On you ! On you ! On you !
I want to be in you !
I want to be you forever and ever!
Equus, I love you !
Now !
Bear me away!
Make us one person !
One person ! One person ! One Person ! One Person !
Ha-HA! Ha-HA! HA-HAAA...]

... jusqu'à l'explosion finale.

Sa voix, de plus en plus haletante, qui monte progressivement en puissance et en intensité, sa respiration accélérée, son corps secoué de sursauts de plaisir, de spasmes de plus en plus violents... Ses mains qui se crispent, sa bouche qui s'ouvre, ses bras qui se tendent...
Je sentais l'adrénaline monter en moi, les larmes envahir mes yeux, la salive déserter ma bouche... jusqu'à ce qu'il écarte les bras à s'en disloquer les épaules, tendus à l'extrême, poings serrés, rejette la tête en arrière, et d'une voix, rauque, cassée, envoûtante, explose.
'AMEN !'

Puis le noir se fait, et la salle éclate en applaudissements acclamations, et sifflets.
Fin de l'acte un.

Lorsqu'il ne jouait pas, il se couchait sur une des boites, et attendait, en ne perdant jamais son expression d'intense concentration. Mais il s'est frotté les yeux plusieurs fois, ce qui montrait qu'il était mortellement fatigué.

L'acte deux était merveilleusement drôle. Le meilleur moment pour moi est celui où Dan/Alan et Joanna/Jill regardent un film porno, et Dan décrit tout ce qu'il voit.
'She went into the bathroom and took off all her clothes. The lot. Very slowly... What she didn't know was that the boy was looking at her. It was fantastic!' La salle était explosée de rire.

Puis Alan aperçoit son père. 'Oh God ! Dad !' Re-explosion de rire.
Le père les fait sortir de là, et ils viennent tous les trois sur le devant de la scène, embarassés par la présence de l'autre.
[Je me suis rincé l'½il à ce moment, Dan était fantastiquement beau.]

Ils attendent le bus, et cette scène est à mourir de rire. 'It was weird. We just stood there by the bus stop – like we were people in a queue, and we didn't know each other. It must have gone on for about five minutes. The bus woudn't come !'

J'ai été très impressionnée par la concentration de Dan. Les gens riaient à tout va, et pas une fois son visage ne s'est éclairé d'un sourire, il a été parfait comme je ne pensais pas qu'il soit possible de l'être.

Et enfin... La scène que tout le monde attendait... La scène de nu.

Cette scène est très touchante de maladresse. Alors que Dan et Joanna se déshabillent, ils doivent calquer leurs gestes l'un sur l'autre. D'abord ils retirent leurs hauts... Et alors que Dan retirait son pantalon, son boxer est venu avec. Il s'est retrouvé avec un boxer à mi-fesses alors que Joanna avait toujours sa culotte. Ah, les aléas du théâtre...
Puis ils retirent leurs derniers vêtements, et se collent l'un à l'autre, en face du public, s'embrassant. 'She put her mouth in mine. It was brilliant !'
'You want her very much ?'
'Yes.'
'She kept saying stupid things.'
'I love your eyes.'
.

Il y avait un silence de mort dans la salle, aucun gloussement, uniquement des yeux écarquillés et des mains jointes.
Un homme se tourne vers sa femme et lui dit 'We're definitely not bringing the girls.' Et elle lui répond 'Sh ! I'm trying to watch !'

Tout ce que je peux dire, c'est que tout en Dan est magnifique. On n'a pas réellement eu le loisir d'observer car la scène est si intense et puissante que l'in se retrouve comme un poisson rouge à les regarder. Ils se mettent l'un au dessus de l'autre, la jambe de Dan entre celles de Joanna, et il raconte ce qu'ils ont fait. Les mots sont très crus.
'I put it in her, all the way !'

Puis tout dégénère, la musique s'affole, Dan se rejette en arrière, trouve le 'hoof pick' et, devenu violent, menace Joanna avec, lui hurlant des 'Get out ! Out ! Leave me alone !'.
Elle s'enfuit, terrifiée.

La scène suivante... Un pur chef d'½uvre.
La fumée monte, envahit la scène, Dan/Alan perd la tête, les yeux des chevaux s'allument, et tout en hurlant 'Equus... Noble Equus... God-Slave... Thou-God-Seest-NOTHING !', il coure de cheval en cheval, fait des bons impressionnants et crève leurs yeux un par un, terrifié, hors de lui, une expression de pure folie sur le visage, ayant perdu tout contrôle sur lui-même, complètement hystérique.

L'exubérance de son jeu dans cette scène capitale m'aurait mise à genoux si je n'étais pas déjà assise.

'No more ! No more ! Find me... Find me !!! Kill me... KILL ME! KILL ME!'

Ses gestes et ses cris sont ahurissants tant son corps semble vulnérable sans habits.

Le courage extrême qu'il a de se montrer nu puis de jouer cette scène d'agonie mentale, à mi chemin entre la terreur et la folie pure, d'une puissance émotionnelle exceptionnelle m'a littéralement scotchée. Même les mots ne peuvent pas...
Mon c½ur battait à tout rompre, je tremblais de tous mes membres, Laura était en larmes à côté de moi. Il possédait la scène. Elle lui appartenait complètement.
Je n'ai JAMAIS vu... Ma tête en bourdonnait.

Puis lors du 'Curtain Call', où ils sont venus saluer, il s'est refermé sur lui-même, complètement submergé par les applaudissements, tenant à peine debout. Il a du se tenir à Richard pour ne pas tomber. Adorable, et très touchant.

Que plus JAMAIS l'on me dise qu'il n'a aucun talent. Il a volé la vedette à Richard du haut de ses 17 ans. Il a réellement mérité l'ovation extraordinaire qu'il a reçue, les critiques plus qu'élogieuses. Oubliez Harry Potter, Dan est devenu un grand. C'était triomphal.
Tous les critiques et les acteurs sont tombés en admiration devant son jeu, son courage et sa détermination. Pour citer Helena Bonham Carter, je dirais juste 'He sure has got balls'.

Tout le monde est ressorti de la salle conquis, ravi. Un spectacle de haute qualité.

Nous sommes allées aux Stage Doors pour essayer d'avoir un autographe et il est sorti quelques instants, casquette sur la tête, veste en cuir sur les épaules, grand sourire aux lèvres, mais l'air crevé. Il s'est tout de suite dirigé vers nous ['Don't push, guys !'], a signé quelques autographes. J'ai vu, pour la seconde fois, ses yeux de très près.
Les plus beaux que je n'ai jamais vus.

Un grand grand bravo à Joanna également, qui doit elle aussi se mettre nue et qui a un jeu brillant. Beaucoup de nuances dans la voix. Richard était fantastique, comme toujours. Will était réellement génial dans son rôle de Nugget... Un pur plaisir à voir. Un grand bravo à Gabrielle et Jonathan aussi, pour Frank et Dora Strang, très bien joués.

Une soirée magnifique, superbe, que jamais, oh grand jamais, je n'oublierai.
Maybe it sounds cliche, but it was no less than magical.

Et vous, vous irez à Broadway lorsqu'il s'y produira ... ? XD

# Posté le samedi 13 octobre 2007 07:55

Avril 2007 - Rupert at Legoland

Avril 2007 - Rupert at Legoland
Ah, cette fameuse histoire avec Rupe... Si CA ça ne s'appelle pas de la chance! :D Heureusement qu'Avril était là, sinon j'aurais manqué une belle occasion de me tourner en ridicule! :)
Ce souvenir reste le plus impromptu et donc mémorable de tous... même s'il ne s'agit que de Rupe ! Si ça avait été Dan... je ne sais pas ce que j'aurais fait, mais j'aurais mis plus d'ardeur à trouver un stylo et serais allée le voir, quoi qu'il arrive... Ah la la... sommes-nous folles avec tous ces célébrités ? :D

Avril 2007
Legoland
England

L'Angleterre est vraiment l'endroit où tous les rêves peuvent se réaliser !

... Et aux endroits les plus... je dirais incongrus !

Si on m'avait dit que je rencontrerais Rupert Grint dans un parc d'attraction pour enfants, alors que je suis avec mes deux petits frères, à deux heures de Londres, je n'y aurais évidemment pas cru...

Et pourtant ! Lorsque la magie opère, le mot rationnel n'existe plus.

Nous avions passé une superbe journée au parc Legoland, sans aucun nuage et aucune célébrité. Il était cinq heures passées, et le parc fermait ses portes. Un dernier passage aux toilettes, une petite visite au magasin du parc. Je recherchais quelques Legos Harry Potter, juste pour m'amuser, lorsque je vois un Harry Potter en Lego, grand comme moi, à côté d'un Hagrid légèrement plus grand. Je me dis 'How funny !'

Puis vient le moment d'aller payer, et évidemment, qui dit fermeture, dit que tout le monde se trouve au magasin. Il y avait donc la queue. Une petite fille devant moi n'arrêtait pas de sauter sur place, à regarder tout autour d'elle, les yeux écarquillés.

Elle répétait sans cesse le mot 'Harry Potter'. Sa mère ne semblait pas l'écouter, alors elle a accroché mon regard et a dit 'I'm going to tell my friends, they won't believe me ! I saw the guy who plays Harry Potter !' Et moi, je me dis : 'Oui, bon, elle a vu Harry Potter – Harry, d'ailleurs, pas Dan, qu'est-ce qu'elle raconte ?- en Lego, big deal !'

J'étais sur le point de lui dire 'You do like Harry Potter, don't you ?' quand mon amie Avril rentre dans le magasin, se précipite vers moi, et me dit 'There's the actor from Harry Potter outside.'

Là, je n'ai pas compris. Je crois que mon esprit est devenu totalement vide pendant quelques secondes, tellement l'idée me paraissait impossible.
J'ai du la regarder avec un regard assez bête, puis finalement lui réponds 'Quoi ?'
Elle me répète, 'There's the actor from Harry Potter outside.'
Et là, d'un coup, les mots de la petite fille me reviennent à l'esprit ['The guy who plays Harry Potter !'], et sans vraiment y croire, je lui dit : 'Dan ???'
Elle me répond 'No, not Dan, the red head !'

Puis c'est comme si tout avait explosé dans ma tête, et pris d'une impulsion, je lui ai pris le bras. 'Rupert ? Show me !'

Nous sommes sortis, Avril, moi et mon c½ur qui battait à cent à l'heure. Et là, dehors, elle me dirige un peu à l'écart, et je le vois, assis sur un banc, en compagnie de plusieurs personnes. Je peux vous assurer que rien, absolument rien ne peut vous préparer à une telle vision, vous ne savez pas comment vous allez réagir... J'ai commencé à trembler, et Avril m'a proposé de nous asseoir et de commander quelque chose, pour que j'ai le loisir de le regarder.

Il était en compagnie de sa mère, sa s½ur (je pense) –elle ressemblait tellement à Bonnie que j'ai mis quelques minutes à comprendre que ce n'était pas elle-, et quelques amis, dont la fille brune à ses côtés, et la fille aux cheveux roux bouclés derrière lui.
Il discutait avec animation avec la brune, et riaient ensemble, se poussaient, comme par jeu.
Je ne pouvais absolument pas détacher mes yeux de lui, comme pour scruter chaque parcelle de son visage, imprégner ma mémoire d'un souvenir le plus détaillé possible.
Je ne cessais de me dire 'Ne le regarde pas, s'il te remarque, il va te prendre pour une groupie', mais je ne pouvais pas m'empêcher... Ces satanés yeux ne voulaient plus se détourner !

Il est fascinant d'observer quelqu'un qui, tout comme vous, est venu s'amuser au parc, passer du bon temps avec sa famille, mais est célèbre. J'ai passé tellement de temps à le regarder sur l'écran du cinéma, de l'ordinateur, de la télé, que... finalement, ce n'était pas si extraordinaire que ça de le voir ! Mais l'esprit ne fonctionne plus correctement lorsque vous voyez quelqu'un comme lui. Il paraissait si 'laid back', si simple, si... normal.
Et moi je tremblais comme une feuille. Et je regardais comme s'il était l'incarnation de Dieu.
Mon père n'arrêtait pas de se moquer de moi... Joy arrive à ce moment là, et je lui dis 'Il y a Rupert Grint juste là ! ' et elle me répond 'Rupert who?' ;-)

Je n'arrêtais pas de penser à Cam, je me disais 'Elle va me tuer quand je lui raconterai...'
Je voulais l'appeler, mais pas de chance : plus de batterie, et je ne connaissais pas son numéro par c½ur. ['Damn you cellphone !'] Je n'avais ni papier, ni stylo à portée de main. Tous les magasins étaient fermés. La malchance m'accablait... dernière chance, je dis à mon père : 'Papa, va le prendre en photo !'
Mon père, (très discret je l'avoue!), se met un peu plus loinet le prend en photo. Et apparemment on était pas les seuls à l'avoir repéré!
Pas mal réussie, non ? Thx a lot Dad! :-)

J'étais un peu soulagée.
J'ai appelé ma s½ur, qui m'a dit 'C'est pas vrai ????? Mais vas-y, va lui demander un autogrpahe, tu ne le reverras plus, c'est une occasion unique !' Et moi je me disais : 'Rupert c'est celui du Trio que je comprend le moins. Et si je ne le comprenais pas ? J'aurais l'air maligne ! Et si sa famille me regardait de haut ? Sa mère n'a vraiment pas l'air commode, je crois qu'elle m'a repérée !' Aussi j'étais toute émoustillée rien que de le voir...
Beaucoup de choses passent dans votre tête à ce moment, et un temps d'hésitation, et c'est mort.

J'avais préparé tout un speech dans ma tête, décidée à obtenir un autographe pour Cam.
'Hi Rupert, I'm so sorry to disturb you, but a friend of mine is a huge fan of yours, and I was wondering if you could give me an autograph for her.'
Si j'avais eu le courage nécessaire, je lui aurais demandé s'il avait passé une bonne journée à Legoland. Et si, mais vraiment SI j'avais été TRES courageuse, j'aurais été jusqu'à lui demander s'il avait été voir Dan dans Equus. Mais je n'ai pas eu à faire tout ça, parce qu'à force de chercher un stylo comme un dingue, il s'est levé et est parti avec toute sa famille.

Je n'en revenais pas, je n'arrivais plus à marcher droit, je continuais de trembler. Avril m'a dit 'Maybe we'll see him when we get to the car.' Mais il avait disparu.

Je n'ai pensé qu'à ça pendant tout le voyage du retour. C'est drôle de se dire qu'une 'rencontre' inattendue comme celle-ci a beaucoup plus d'impact qu'une avant première, ou quoi que ce soit d'autre. Ca a complètement illuminé ma journée.
Je crois que le mot magique convient parfaitement...

La fameuse photo de paparazzi! Je n'ai jamais été aussi excitée que ce jour-là... and that's saying something ! :D
La prochaine fois : Equus et la Première à Londres... :D Plein de bisouuuus !

# Posté le mardi 09 octobre 2007 18:41

Modifié le mercredi 10 octobre 2007 00:28